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Bien-être des chevaux

C’est peut-être l’un des mots les plus utilisés actuellement dans le monde équestre. On l’entend dans les conversations, on le lit dans les articles et on le voit faire l’objet de débats sur les réseaux sociaux. La plupart d’entre nous souhaitent y adhérer, et je pense que nous essayons tous, à notre manière, de le mettre en pratique. En même temps, c’est un concept qui recouvre presque autant d’interprétations qu’il y a d’amateurs de chevaux.

En réalité, le bien-être des chevaux n’est pas un terme controversé. Il est difficile d’imaginer quelqu’un qui s’opposerait au bien-être des chevaux. En revanche, nous pouvons avoir des perceptions différentes de ce que ce terme signifie concrètement.

Qu'est-ce donc que le bien-être des chevaux ?

Pour moi, il est impossible d’y apporter une réponse simple ou exhaustive. En revanche, il existe probablement un niveau de base commun sur lequel la plupart des gens peuvent s’accorder : le minimum acceptable. Que le cheval ait accès à de la nourriture et à de l’eau propre, à un abri contre les intempéries, à un lieu de repos sec, à des soins pour son pelage et ses sabots, ainsi qu’à la possibilité d’avoir des contacts sociaux avec d’autres chevaux.

Mais pour la plupart d’entre nous, le bien-être des chevaux ne s’arrête pas là. Que nous soyons cavaliers amateurs, cavaliers de compétition, éleveurs ou simplement passionnés par les chevaux, nos propres listes sont souvent bien plus longues. Nous nous interrogeons sur la qualité du fourrage, l’environnement de l’écurie, l’aménagement des paddocks, les contrôles vétérinaires, les soins des sabots, les programmes d’entraînement, l’équipement, la récupération et la gestion quotidienne. Toutes ces décisions, petites et grandes, qui, ensemble, façonnent le quotidien du cheval.

Et pourtant, nous n’en sommes même pas encore à l’équitation.

C’est peut-être là que nos chemins se séparent parfois. Que signifie le bien-être du cheval pendant l’entraînement proprement dit ? Comment devons-nous former nos chevaux ? Que devons-nous exiger d’eux, quand devons-nous faire preuve de patience et comment devons-nous communiquer ? C’est là que nos expériences, nos connaissances et nos convictions nous mèneront à des réponses différentes.

Peut-être faut-il simplement l’accepter.

Avoir des points de vue différents n’est pas nécessairement un problème. Au contraire, des échanges respectueux entre des personnes ayant des perspectives différentes peuvent apporter de nouvelles perspectives et contribuer à notre évolution. En matière de chevaux, aucun d’entre nous n’a jamais fini d’apprendre.

Pour moi, le bien-être des chevaux commence par le fait de considérer le cheval comme un être vivant, doté de sentiments. Nos chevaux ne peuvent pas choisir le quotidien que nous leur offrons. Ils ne peuvent pas choisir leur entraîneur, leur régime alimentaire, leur équipement ni le déroulement de leurs journées. Cette responsabilité nous incombe.

C’est pourquoi, pour moi, le bien-être des chevaux va au-delà des règles, des routines et des listes de contrôle. Il s’agit de respect, d’humilité et d’amour. Il s’agit d’essayer en permanence de voir la situation du point de vue du cheval. D’être curieux de ce que le cheval nous dit et suffisamment humble pour l’écouter.

Je souhaite que mon cheval me perçoive comme quelqu’un qui lui apporte sécurité, clarté et confiance. Quelqu’un qui mérite d’être suivi. Au fond de moi, je sais bien sûr que s’il pouvait choisir en toute liberté, il préférerait sans doute se trouver dans un pré verdoyant à brouter avec ses amis. Mais j’espère tout de même que le temps passé avec moi soit une expérience positive. Qu’il soit marqué par la compréhension, l’attention et la volonté de coopérer.

C’est peut-être justement là, dans cette volonté de faire chaque jour de meilleurs choix pour le bien du cheval, que commence le bien-être animal. Non pas dans le fait que nous soyons toujours d’accord, mais dans le fait que nous ne cessions jamais d’essayer de comprendre cet individu qui nous a été confié.

Agneta